Le donjon des mystères (chapitre 3)

Chapitre 3 : Téléportation

« On l’a bien eu avec ton truc là ! m’exclamai-je ravi en apercevant au loin notre faux fromager lancer des imprécations à notre encontre. Comment t’as fait d’ailleurs ?

— Mon “truc” comme tu dis, s’appelle une illusion. J’ai créé une image de nous deux et lui ai fait croire que nous étions toujours attachés à cet arbre, sans défense.

— Brillant ! Je n’aurais pas fait mieux ! Il ne s’est douté de rien. On a eu juste le temps de monter dans sa charrette et de filer. À ce propos, je voulais savoir : comment on conduit un machin pareil ?

— Quoi, comment on conduit ? Si tu n’en as aucune idée, pourquoi c’est toi qui tiens les rênes ?

— Je trouvais ça stylé. Mais en fait, je n’y connais rien en canasson.

— C’est un âne.

— Qu’est-ce que je te disais ?

— Donne-moi ça ! S’emporta la lutine en m’arrachant les rênes des mains.

— Hey ! Parce que tu sais faire avancer ce machin toi ?

— Ça ne doit pas être bien compliqué de mener une bourrique où l’on veut.

— Ah ? Donc tu as des talents de dressage maintenant ?

— Figure-toi que j’ai eu un chat à une époque !

— Et qu’est-ce qu’il est devenu ?

— Aucune idée. Un jour, il a disparu…

— Rends-moi ça ! »

Je tentai de lui récupérer la bride, mais elle s’écarta de moi, tirant de côté et contraignant l’âne à tourner la tête. Il stoppa sa marche et, se voyant ainsi maltraité, donna un violent coup d’encolure. Séraphine manquant tomber de la charrette, lâcha les rênes qui allèrent pendre libres sur le dos équin. Plus soumis à aucune tension, l’animal reprit sa route du même pas tranquille, mais assuré.

« En fait, ça sert à rien ces machins. Il avance tout seul !

— Peut-être, mais qui sait où il nous conduit ?

— Si ça se trouve, il nous emmène au donjon des mystères !

— Curieusement, j’en doute… »

« Ah ben c’est malin ! Cette bourrique nous a ramenés en ville ! gronda Séraphine en apercevant à une centaine de mètres devant nous, l’immense palissade entourant la cité d’Iolcos. Une matinée de perdue tout ça pour retourner à notre point de départ.

— Comme ça, on va peut-être pouvoir manger un bout ? J’ai toujours les crocs moi ! lançai-je de concert avec mon ventre.

— Tu crois vraiment que nous avons le temps pour ça ? Darken et son groupe ont pris une avance considérable, maintenant. Peut-être même qu’ils sont déjà arrivés au donjon !

— Et ta magie, elle ne peut pas nous aider par hasard ? »

Avais-je proféré une ineptie ? La lutine fixa ses grands yeux verts sur moi. De longues secondes durant elle resta immobile.

« Eh oh, il y a quelqu’un ? demandai-je en agitant ma main devant elle.

— Tu sais que ce que tu viens de dire n’est pas bête et pourrait bien nous sortir du pétrin, s’enflamma-t-elle soudain.

— Ah bon ?

— Mais oui, réfléchis ! Il suffit de se téléporter jusqu’au donjon !

— D’accord… Et tu peux faire ça toi ?

— Euh, non. La téléportation est un sort d’un niveau un peu trop élevé pour moi, avoua-t-elle en se prenant le menton entre deux doigts à la recherche d’une solution. Mais on pourrait se servir d’un parchemin de téléportation !

— Et en quoi un bout de papier peut nous aider ?

— Ça n’est pas qu’un simple bout de papier. Les parchemins de magie s’avèrent très utiles pour les êtres dépourvus de pouvoirs.

— Et pour ceux qui n’ont pas le niveau, la raillai-je.

— Oui bah, je fais ce que je peux ! s’emporta-t-elle aussitôt. Tout ça pour dire que ces “bouts de papier” permettent à tous d’exécuter des sortilèges parfois très complexes.

— D’accord, mais alors où est-ce qu’on trouve ça ?

— Oh, toutes les boutiques de magie dignes de ce nom en vendent. Seul souci, ça n’est pas accessible à toutes les bourses…

— Pour ça, pas de problème. Il suffit d’aller écouler tout notre attirail.

— Il n’est pas question que je cède mes affaires à qui que ce soit ! S’offusqua aussitôt Séraphine.

— Mais non, pas les tiennes. Les siennes ! »

Du doigt, je pointai notre charrette remplie d’armes et pièces d’armure en tous genres.

« Tu ne comptes quand même pas vendre des objets volés ?

— Et pourquoi pas ? Après tout, je suis un voleur moi aussi !

— J’ai encore un peu de mal à y croire… De toute façon, nous n’avons pas trop le choix, finit par lâcher la lutine. Allons-y ! »

« Comment ? Cinquante pièces d’or seulement pour l’ensemble ? explosai-je hors de moi.

— En même temps, c’est qu’un tas de ferraille, confirma Séraphine que le prix proposé par le marchand ne semblait pas offusquer.

— Assassin ! Vous savez le temps qu’il nous a fallu pour amasser tout cet équipement ? Tout ça pour quoi ? À peine de quoi nourrir les petiots !

— Euh, tu n’en fais pas un peu trop quand même ? Me murmura la lutine. Cinquante pièces d’or c’est déjà pas mal pour ces vieilleries. Surtout que ça ne nous a pas coûté grand-chose de nous les procurer.

— J’suis prêt à monter jusqu’à cent pièces d’or avec la charrette et l’âne, reprit le marchand fin négociateur.

— Ah non !

— Quoi, mais pourquoi ? s’étonna la lutine.

— Je commençais à m’y attacher à Karl.

— Karl ? Tu as donné un nom à l’âne ? Mais quand est-ce que… oh et puis zut ! Laisse-lui le tout, récupère l’argent et qu’on n’en parle plus ! » S’emporta mon amie.

Marmonnant dans mon absence de barbe, je tendis la bride au commerçant qui me remit une bourse bien pleine, et nous nous éloignâmes.

« Je crois que c’est la première fois que je tiens autant d’or dans mes mains ! m’exclamai-je ébloui par le métal jaune. Avec ça, on pourrait se la couler douce à l’auberge pendant au moins un mois !

— Range-moi ça tout de suite ! gronda soudain Séraphine en refermant à la hâte l’escarcelle. Tu ne devrais pas montrer nos richesses de façon aussi ostentatoire, poursuivit-elle en jetant des coups d’œil à la ronde pour s’assurer que personne ne faisait attention à nous. Notre mésaventure de ce matin ne t’a donc rien appris ?

— Si ! Qu’il ne faut jamais faire confiance à un fromager qui n’a pas de fromage !

— … De toute façon, cet argent doit nous permettre d’acheter un parchemin de téléportation, pas de flemmarder pendant des jours ! Viens, la boutique de magie se trouve par là. »

L’illusionniste me traîna à travers plusieurs ruelles avant d’en rejoindre une où se croisait une foule d’êtres en robe. Ils entraient et sortaient des différents commerces représentés, dans un flot incessant de chapeaux pointus.

Après avoir pris le temps de détailler chaque devanture, Séraphine s’arrêta face à la plus sombre et poussiéreuse du quartier. Elle leva le nez en l’air pour s’assurer que nous nous trouvions à la bonne adresse, puis poussa la porte d’entrée et pénétra dans le magasin. Je la talonnai, légèrement intimidé par tant de mages dans un périmètre si restreint.

« Atchoum ! »

À l’intérieur de l’échoppe, une violente odeur de renfermé assaillit mon nez et me fit éternuer. Aussitôt, les deux autres personnes présentes se retournèrent, l’air courroucé par mon infinie indélicatesse. À leur taille fine et leurs oreilles pointues, je reconnus d’emblée des elfes. Le premier, installé derrière son comptoir, du fait de ses traits tirés, m’apparut assez âgé. Il me dévisageait, montrant sans la moindre honte que je n’étais pas le bienvenu. Je ne réussis pas à détailler le second qui s’empressa de vider les lieux à mon approche.

« Vous désirez ? demanda sans entrain le vendeur-elfe.

— Nous voudrions acheter un parchemin de téléportation s’il vous plaît », lança Séraphine que les manières du marchand ne semblaient pas offusquer.

L’elfe nous toisa d’un air dédaigneux. Il observa ma tenue puis celle de ma compagne avant de reprendre :

« Un parchemin de sort n’est pas un jeu. Vous savez comment cela fonctionne ?

— Bien sûr, je suis moi-même versée dans les arcanes, affirma mon amie.

— Vous n’ignorez donc pas qu’un parchemin de téléportation coûte extrêmement cher ? poursuivit le vieux mage.

— Oui, je suis parfaitement au courant, confirma la lutine. Nous devons nous rendre rapidement dans un endroit.

— Si vous devez y aller tous les deux, reprit-il en pointant un doigt méprisant sur nous, il vous faudra plutôt un parchemin de téléportation de groupe.

— Oh ! S’étonna Séraphine ignorante visiblement de ce détail. Est-ce que cela change quelque chose ?

— Le prix. C’est plus cher.

— Nous avons de l’argent pour payer, annonça Séraphine confiante en attrapant notre bourse rebondie. À combien cela revient-il ?

— Cela fera quinze mille.

— Quinze mille pièces de cuivre ? Cela équivaut à cent cinquante pièces d’or… C’est un peu plus que ce que j’espérais, mais on doit pouvoir s’arranger, réfléchit Séraphine tout haut.

— Non, je crois que vous n’avez pas compris. Je voulais dire quinze mille pièces d’or, la corrigea l’elfe.

— Quinze mille pièces d’or ? explosai-je en entendant le prix. C’est une blague, n’est-ce pas ?

— Pas du tout, dit le marchand sans broncher. Un parchemin de téléportation simple ne coûte pas moins de cinq mille pièces d’or. Pour téléporter tout un groupe, c’est quinze mille.

— Allez, pour un ami elfe, lui susurrai-je, vous ne pourriez pas faire un effort ?

— Non, répondit-il implacable sans prendre le temps de la réflexion.

— Tiens, je vous aime bien, ça me désolerait de devoir me rendre chez vos concurrents, tentai-je encore.

— Vous pouvez bien essayer dans toutes les boutiques, le prix sera le même. Maintenant, je vous demanderai de bien vouloir sortir. Vous faites fuir ma clientèle. »

Avant que je n’aie le temps de m’emporter, Séraphine m’attrapa par le col et me tira dehors. Nous visitâmes plusieurs autres magasins, mais comme nous l’avait annoncé l’elfe, le tarif restait dans des proportions similaires.

« C’est pas demain la veille qu’on pourra se payer un parchemin de téléportation ! Déclarai-je à mon amie qui n’avait pas ouvert la bouche depuis la déconvenue sur le prix. On ferait mieux de retourner à l’auberge se commander un bon repas ! …

— J’ai peut-être une solution… murmura Séraphine.

— Quoi ?

— Il y a un autre moyen d’obtenir ce que l’on souhaite.

— Un bon repas ?

— Mais non, le sort de téléportation !

— Oh. Et comment tu comptes t’y prendre sans tunes ?

— On va le voler !

— Quoi ? Tu veux cambrioler la boutique d’un de ces vieux enchanteurs ? Elles doivent être bourrées de protections magiques qui nous transformeront en poussière à peine le pied posé à l’intérieur !

— Mais non, on ne va pas s’introduire dans leur magasin. Tu te souviens, je t’ai raconté que j’avais bossé pendant un temps chez un ensorceleur ?

— Ça me dit vaguement quelque chose, déclarai-je alors que cela n’était absolument pas le cas.

— Il possède un grimoire dans lequel il note tous ses sorts. Une fois, il l’avait laissé ouvert et je crois bien y avoir lu un sort de téléportation. Si on parvient à pénétrer chez lui et si je peux retranscrire le sort, on n’aura alors plus qu’à s’en servir pour se rendre au donjon des mystères !

— Et comment tu vas rentrer chez lui ? Tu vas frapper à la porte pour lui demander de bien vouloir nous autoriser à recopier son bouquin ?

— C’est un peu l’idée. Mais nous ne lui demanderons pas la permission, car aucun être doté de pouvoirs n’accepterait de partager son savoir avec n’importe qui… Attends-moi là ! »

« Tu as bien compris ce que tu devais faire ? Me demanda Séraphine.

— Mais pourquoi c’est moi qui dois le distraire ? Lançai-je alors que nous arrivions devant la porte d’entrée de l’ensorceleur.

— Pour la dernière fois, parce que de nous deux je suis la seule à connaître les runes magiques et à pouvoir les retranscrire. Mais si tu veux le faire, libre à toi !

— Non, c’est bon. Et on peut savoir ce que tu as fait dans cette boutique tout à l’heure ?

— J’ai été acheter des parchemins pour pouvoir recopier le sort plusieurs fois. Comme ça on en aura plusieurs exemplaires. Bon, tu as compris ?

— Oui, c’est bon », marmonnai-je.

Séraphine frappa. Nous attendîmes plusieurs minutes sans réponse et, alors que la lutine s’apprêtait à donner un nouveau coup sur la porte, celle-ci s’ouvrit, laissant apparaître un lutin. Des cheveux blancs en bataille recouvraient de façon sporadique son large crâne. Dessous, son front semblait tomber devant ses yeux, les masquant à demi. Ses longs sourcils se chargeaient d’en camoufler le reste.

Il battit des paupières. Comme si cela lui avait rendu la vue, il discerna enfin mon amie. Aussitôt, il sourit.

« Séri ! exulta-t-il.

— Séri ? l’interrogeai-je amusé.

— Oui, bon ! Il trouvait ça plus “mignon”… » Grogna-t-elle à mon intention.

Puis, se retournant :

« Maître Firzin, comment allez-vous ?

— Oh, tu sais ce que c’est, la vieillesse ! Mais, ne restez donc pas planté dehors, entrez ! »

Maître Firzin s’écarta et nous invita à pénétrer dans sa demeure.

« Tu ne m’avais pas dit que c’était “un ensorceleur aux manières détestables” ? murmurai-je. Je le trouve tout à fait sympathique, moi.

— Ne te laisse pas berner par ses faux airs de lutin sénile… me répondit-elle dans un chuchotement.

— Comme je suis content que ma meilleure apprentie vienne me voir ! s’exclama maître Firzin en appuyant sa déclaration d’une claque sur les fesses de la lutine.

— Tu comprends maintenant ? me murmura mon amie.

— Je crois bien, acquiesçai-je.

— Alors tous les deux, reprit l’ensorceleur sans prêter attention à nos messes basses, que me vaut l’honneur de votre visite ?

— Et bien si vous voulez tout savoir maître Firzin, Jason est un…

— En fait, je m’appelle Jaaranisson…

— Jason est un nain, me coupa Séraphine, qui…

— Je suis un elfe-nain en réalité…

— Jason est un nain, gronda-t-elle sans prendre en compte mes remarques, qui affectionne les pierres. Je lui racontais que vous possédiez sans aucun doute la plus grande collection de cailloux de tout Ohorat, alors évidemment il a eu envie de venir la découvrir, si cela ne vous dérange pas ?

— Je comprends, malheureusement… »

À ce mot, je sentis la déception dans le regard de ma compagne. Son stratagème pour l’occuper tandis qu’elle se chargeait de recopier la formule du sort de téléportation n’avait pas pris et nous allions devoir trouver une autre ruse.

« … je n’ai pas préparé suffisamment de thé pour trois ! Et pour bien apprécier chaque détail de ma collection, il va nous en falloir ! Attendez-moi un instant, je reviens de suite ! »

Enjoué par la présence de mon amie et par celle d’un soi-disant amateur de cailloux, il quitta la pièce pour aller faire chauffer de l’eau chaude.

« Qu’est-ce que vous avez tous avec votre thé ? lâchai-je une fois qu’il eut disparu. Pour passer un agréable moment, rien de mieux qu’une bonne bière !

— Et avec ce genre de remarques, tu te dis toujours “elfe-nain” ? … Allez, profitons-en pour chercher la formule magique !

— Elle est où ?

— Elle doit se trouver dans un de ses grimoires… »

Je regardai autour de nous. Le domicile de maître Firzin s’étendait sur deux niveaux. Au rez-de-chaussée où nous nous tenions, en dehors d’une table centrale qui croulait sous les tubes à essai et autres fioles remplis de liquides aux couleurs douteuses, s’étalaient sur chaque pan de mur des étagères pleines de livres. Il y en avait de toutes les tailles, avec des dorures ou sans, aussi épais que ma cuisse ou plus fins que mon auriculaire…

« Il va falloir être un peu plus précise que ça ! lançai-je devant cette profusion livresque.

— C’est un énorme tome à la couverture rouge avec des pages en parchemin.

— Cela en élimine quelques-uns…

— Là ! »

La lutine s’empressa d’attraper l’ouvrage en question et le déposa au milieu des récipients sur la table. Puis, elle l’ouvrit et commença à le feuilleter.

« Alors, c’est lequel ? l’interrogeai-je avec curiosité.

— Un peu de patience ! Grogna-t-elle tout en continuant à lire. J’ai besoin de me concentrer pour déchiffrer ces runes.

— Quoi, mais tu m’as dit que tu maîtrisais ce charabia ?

— Pas du tout, j’ai simplement dit que de nous deux, j’étais la plus à même de recopier la formule…

— J’espère que je ne vous fais pas trop attendre ? cria soudain l’ensorceleur-lutin depuis la pièce attenante.

— Non, non, lui répondit Séraphine en levant le nez. Prenez votre temps surtout ! »

Elle replongea dans le grimoire, tourna une nouvelle page, mais ne trouvant pas ce qu’elle cherchait passa à la suivante…

« Là ! Je l’ai ! lâcha-t-elle d’un coup en pointant du doigt une série de signes au sens abscons pour moi.

— Voilà, voilà, j’arrive ! » Lança au même instant maître Firzin.

Séraphine se figea les yeux grands ouverts. Je décidai alors d’intervenir. Tandis que le lutin apparaissait dans la pièce, je me jetai au-devant de lui.

« Par hasard, est-ce que vous n’auriez pas pour accompagner ce thé, quelques biscuits aux graines de pavot et à la farine complète d’avoine ? demandai-je en entourant de mon bras ses épaules pour l’obliger à se retourner. Si nous voulons user de tout le temps nécessaire pour juger de la qualité de vos pierres, cela me semble indispensable. »

Maître Firzin s’arrêta. Il transportait un plateau avec trois tasses et une théière. Il fronça les sourcils et se mit à me dévisager.

« Mais bien sûr ! lâcha-t-il alors. Où avais-je la tête ? Je reviens tout de suite avec cela !

— Oui, ne vous pressez pas surtout ! »

Au petit trot, je retournai auprès de mon amie qui avait repris son travail de recopiage.

« Des biscuits aux graines de pavot et à la farine complète d’avoine ? m’interrogea-t-elle sans s’interrompre.

— Bah quoi ? J’ai simplement dit que je n’aimais pas le thé ! …

— Je m’excuse monsieur Jason, mais je n’ai que des fèves amères de Léthir » repartit le lutin.

Une nouvelle fois, la porte de la pièce s’ouvrit et il apparut, son plateau toujours en main, mais avec un bocal remplit de gros haricots verts en plus.

« Pas le temps de le recopier, tant pis ! »

Séraphine d’un geste sec arracha la page de sort du grimoire, vint se coller à moi et se mit à réciter la formule magique présente sur son bout de parchemin déchiré. Avant que maître Firzin n’ait eu le temps de lever les yeux vers nous, toute la pièce autour et lui avec, avaient disparu.

« Que s’est-il passé ? demandai-je après un long moment de silence.

— Je crois que je nous ai téléportés, annonça la magicienne d’un ton incertain.

— Regarde ! On est devant une porte ! J’ai l’impression que tu as réussi, nous sommes sûrement face à l’entrée du donjon des mystères ! jubilai-je.

— Bah, c’était pas si compliqué que ça, se contenta-t-elle modeste.

— Tiens c’est bizarre, cette porte me dit quelque chose… »

Je m’approchai pour l’examiner, quand elle tourna sur ses gonds.

« Ah vous êtes là ! Si vous n’aimez pas les fèves amères, je peux aussi vous proposer du raisin de mer… »

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