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Le donjon des mystères (chapitre 7)

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Chapitre 7 : La fée du logis

« Dar… ken ! »

Le monstre venait de surgir d’un coup. La surprise m’empêcha de réagir à temps à l’appel de mon nom. Et j’eus soudain l’impression que la scène s’était ralentie, comme si l’univers souhaitait que je savoure en pleine conscience toute l’horreur de celle-ci. Avec une insupportable lenteur, je vis la créature ouvrir sa large gueule, pencher légèrement la tête sur la gauche, et planter ses interminables crocs dans notre éclaireur. Puis tout s’accéléra de nouveau.

Roldo lâcha son arbalète en poussant un hurlement qui se répercuta dans la salle tandis que le naga lui arrachait les entrailles. Un geyser écarlate arrosa aussitôt le félin marin. Le protecteur des lacs, plus gros qu’un ours, possédait à la fois une tête et des pattes avant léonines, couplées à un corps de marsouin. Ses canines étaient semblables à celles d’un tigre à dents de sabre. Ainsi, malgré  le fait que Roldo porte une armure de cuir,  le naga n’avait eu aucun mal à atteindre les boyaux de l’homme, ses dents transperçant le plastron comme du papier.

Le museau de l’animal, d’ordinaire bleu gris, apparut soudain rouge. Entre ses mâchoires pendait l’intestin du rôdeur dont une extrémité lui demeurait reliée. Et l’homme, comme si cela pouvait changer quelque chose, tentait d’empêcher le flot de ses viscères. Ses yeux exorbités et pleins d’épouvante ne les quittaient pas. De sa bouche légèrement ouverte, s’écoulait un filet de bave mêlé de sang.

L’animal ne lui laissa aucune chance de salut. D’un coup de griffes, il acheva sa proie en lui sectionnant la jugulaire.

Les yeux de Roldo roulèrent, dévoilant leur blanc laiteux, et il tomba à genoux avant de terminer face dans l’eau.

Il ne s’était écoulé que quelques secondes entre l’apparition du naga et la mort de Roldo, aucun des autres membres de notre groupe n’eut le temps de réagir.

C’est alors que le regard noir du monstre aquatique se posa sur nous. Les babines retroussées, il nous montrait ses crocs ensanglantés avec un feulement provocateur. Et de ses longues moustaches dégouttaient avec mollesse voire provocation, le fluide vital du rôdeur.

Quand il plongea sous la surface des eaux, ne générant à peine plus qu’une petite vaguelette. Abandonnant sa première victime, le naga nagea tel un dauphin jusqu’à l’autre bout de la pièce où se tenaient les autres membres de notre groupe. En une poignée de secondes seulement, grâce à sa nageoire caudale, il parcourut la distance qui nous séparait. Soudain, il bondit hors de l’eau dans une giclée qui nous éclaboussa tous.

Alors que nous reculions d’un pas, il atterrit, pattes en avant, sur Mallirk. Le prêtre ne se laissa pourtant pas impressionner par sa carrure. Il encaissa le coup en fléchissant ses jambes pour réduire l’impact. Car si l’animal se montrait imposant, le nain, courtaud et en armure lourde, ne l’était pas moins. De plus, malgré une barbe noire taillée et peignée à la perfection, son nez cassé et surtout sa balafre sur la joue, lui donnaient l’air féroce d’un orque. À son tour il émit un grondement rageur tandis qu’il luttait pour repousser l’assaut ennemi.

Tout cela me donna à réfléchir. Malgré sa corpulence, la célérité du naga était parvenue à surprendre Roldo, pourtant toujours en alerte lorsqu’il occupait la position d’éclaireur. Comment était-ce possible ? Comment le meilleur pisteur de la région d’Evéapia que j’aie jamais rencontré avait-il fait pour ne pas repérer ce pachyderme ? Certes, le naga possédait une étonnante vélocité dans l’eau. Mais cela n’aurait pu suffire à tromper notre compagnon, capable, lorsqu’il était en chasse, de décocher un carreau sur sa cible avant même qu’elle n’ait pu faire un mètre. Il devait y avoir une autre explication…

Je me remémorai les derniers instants de l’homme qui se chargeait d’ouvrir la voie pour notre groupe. Dans le cadre de cette exploration, il ne progressait qu’une vingtaine de mètres devant nous, se chargeant de repérer pièges et monstres. Pourtant là, son don que je pensais infaillible, n’avait pas fait son œuvre. Cela ne pardonnait pas… Quelques secondes avant sa mort, il s’était figé. Etait-ce la peur lorsqu’il avait senti le naga approcher qui avait paralysé ses membres ? Non, car le félin marin n’avait rien d’extraordinaire. Nous avions déjà eu l’occasion de rencontrer des menaces bien pires, et jamais il n’avait flanché face à elles. Sans compter qu’il avait prononcé mon nom, comme s’il s’agissait d’un effort suprême à l’aube de son trépas…

Je connaissais Roldo depuis longtemps. Ensemble, nous n’étions pas à notre première aventure. Des années plus tôt, j’avais fait partie d’un groupe composé de près de dix membres. Spécialiste des pièges, voleur aux doigts agiles, guérisseur expérimenté, épéiste de talent, guerrier bourrin, archer à l’œil de faucon, mage et pisteur. Notre mission consistait à rechercher, et piller, la tombe d’un sorcier elfe dans une zone depuis des siècles inexplorée de la forêt d’Unarith. C’est à cette occasion que j’avais rencontré Roldo. Et si notre mission se solda par un échec, car la puissante liche du sorcier défunt ne nous laissa pas pénétrer dans sa dernière demeure, nous parvînmes à notre but, au cœur d’une végétation luxuriante, grâce au génie du rôdeur. Par la suite, me lançant moi-même à la conquête de terrains inconnus, je n’hésitai pas à faire appel à ses précieuses compétences. Il était capable de remonter la piste de n’importe quel être, vivant ou mort. Il savait déterminer avec précision à partir d’une empreinte à quelle créature elle appartenait et depuis combien de temps elle avait été faite. Dans un donjon, il n’avait pas son pareil pour détecter les embûches. Le remplacer pour mes prochaines explorations allait se révéler ardu. Mais ce n’était rien face à la difficulté que nous allions maintenant rencontrer sans ses compétences pour terminer l’exploration de cette tour.

Ne prenant pas la peine de venir en aide à Mallirk, car j’avais confiance en ses aptitudes pour avoir déjà eu affaire avec lui aussi, je commençai à regarder autour de nous. J’en avais parcouru des donjons. À plusieurs reprises déjà, je m’étais aventuré dans des cryptes, des souterrains, des forteresses, et bien d’autres lieux infestés de monstres et pièges. Tous ces lieux se présentaient plus alambiqués les uns que les autres. Pourtant, je ne me souvenais pas avoir déjà vu pareil endroit dans un bâtiment : l’étage complet était un bassin dont j’estimai la profondeur à près de quatre ou cinq mètres. Je comprenais mieux le nombre de marches que nous avions dû grimper pour arriver là. Cette pièce se révélait bien plus haute que les autres ; peut-être équivalente à un double niveau.

Sur le pourtour, une simple margelle d’un mètre cinquante de large permettait d’atteindre l’escalier conduisant aux étages supérieurs. Là encore, il se composait d’une trentaine de degrés, car le plafond s’élevait à six mètres de haut.

Un ensemble de végétaux fleurissait sur les berges. Des simples herbes, aux arbres les plus imposants, le tout se montrait luxuriant. D’ailleurs, il cachait avec merveille un tertre de plusieurs mètres carrés situé au milieu du plan d’eau. Ces éléments reproduisaient à la perfection un environnement lacustre.

J’observai d’ailleurs avec une attention particulière la zone centrale. Au cours de mes voyages, j’avais acquis une expérience non négligeable de tous les types de terrains. Je savais également reconnaître quand une créature n’agissait pas seule. Car ce félin marin n’avait pas pu se jouer de notre rôdeur. Malgré sa vitesse impressionnante sous l’eau, pour un animal de cette masse, il paraissait impossible qu’il ait pu surprendre Roldo. À moins d’avoir bénéficié d’une aide extérieure capable d’annihiler les sens affutés du rôdeur…

Près de moi, Mallirk était parvenu à écarter la menace léonine. Son armure de plates l’avait protégé des griffes et son pesant marteau lui avait permis d’infliger une première charge à l’animal. La puissance du coup lui conféra un avantage certain, car il avait pu éloigner le naga et se remettre en position. Il s’apprêtait d’ailleurs à lancer une nouvelle offensive et acculer un peu plus son adversaire. Mais la créature marine ne lui en laissa pas l’occasion.

Alors que le prêtre approchait, arme au-dessus de la tête, il ouvrit une large gueule. Une vomissure verdâtre s’en échappa qui fondit en direction de la figure naine. Dans un mouvement réflexe, Mallirk intercala son pavois. Le crachat s’écrasa sur la gravure de marteau qui ornementait le bouclier et coula sur celle d’enclume située en-dessous, emportant à la fois la peinture et une partie du métal. La gravure, symbole d’Adrin le dieu des forgerons, se retrouva méconnaissable. Nul doute qu’en plus grande quantité, le puissant acide ne se serait pas contenté de grignoter que l’acier du bouclier. Il l’aurait traversé de part en part. Je n’imaginais pas les dégâts si Mallirk n’avait pas interposé l’écu devant son visage… Mais cette pensée, s’il l’eût, n’arrêta pas celui qui avait juré de faire valoir la puissance nanique en toute occasion. Le danger ne le freinait pas, dès lors que la gloire l’attendait au bout. Or participer à cette quête représentait pour lui la chance d’élever encore la renommée de sa race. Devenir un des seuls à ressortir de l’épreuve derrière ce donjon le galvanisait. Il n’en avait pas fallu plus pour convaincre le prêtre de participer à cette expédition.

Replaçant son pavois, Mallirk para un coup de patte du naga. Puis, avant que celui-ci n’ait eu le temps de se replier, il lui administra une frappe qui le cueillit sur la joue. Le félin fut sonné. C’est alors que, profitant du léger étourdissement ennemi, Sylorin sortit de l’ombre naine et lui lança coup sur coup quatre dagues, qui toutes s’enfoncèrent dans son épiderme. Puis, furtif grâce à sa courte stature et sa sveltesse, il retourna se tapir dans un coin à distance du danger. Si le demi-elfe ne m’inspirait pas confiance, je devais avouer qu’il se révélait particulièrement redoutable avec ses armes de jet. Il m’avait été recommandé lors de mon passage à Port-Lunaé, une ville de voleurs et coupe-jarrets, pour sa discrétion et ses dons en matière d’assassinat. A priori cette compétence ne devait pas être utile dans un donjon, mais je préférais parer à toute éventualité.

Les courtes lames meurtrières s’étaient plantées jusqu’à la garde, à divers endroits sensibles : au niveau de la nuque, autour du cœur et à l’aine.

Le naga émit un rugissement de douleur.

Broc s’approcha à son tour, menaçant du haut de son mètre quatre-vingt et sa carrure athlétique. Il était prêt à l’achever. Le guerrier leva sa hache qu’il tenait d’une main ferme. Quand, il se mit à secouer la tête. Il recula d’un pas, chancelant, comme pris d’un vertige soudain. Je reconnus là le phénomène qui avait immobilisé le pisteur d’Evéapia quelques minutes plus tôt.

D’un mouvement rapide, je reportai mes yeux au centre du bassin. Car l’animal ne possédait pas  le pouvoir de faire perdre ses sens à un être. Le sort avait été lancé par quelqu’un d’autre.

Enfin, je la vis, juste au moment où elle quittait le tertre et plongeait dans les profondeurs du lac. Une nymphe. De taille moyenne, mince quoique plantureuse, elle était comparable d’un point de vue physique à une elfe. Seules différaient ses oreilles. Bien que pointues également, celles d’une nymphe recouvraient des branchies qui lui permettaient de respirer aussi bien dans l’eau qu’à l’air libre.

Sans émettre la moindre vague, elle émergea au côté de l’animal blessé, pas le moins du monde gênée d’apparaître nue devant nous. Ses yeux noirs brillaient d’une lueur intense et captivante, et pourtant farouche et froide. Nous fûmes tous aussitôt comme subjugués par sa beauté. Elle exploita notre faiblesse. Avec une prestesse incroyable, elle ordonna aux roseaux qui longeaient les bords, de nous attaquer. Les végétaux mus par la magie de la fée, tels des fouets, s’élancèrent aussitôt dans notre direction.

Broc fut le premier atteint. Encore passablement hébété par le charme émis par la nymphe, il ne bougea pas face à la menace. L’offensive florale le cingla au niveau du torse, envoyant le vigoureux guerrier avec violence contre le mur derrière lui. Il retomba assommé sur le sol de pierre, une lézarde sanglante en travers du corps.

De façon similaire, Mallirk, lourdaud avec son armure, fut percuté en pleine poitrine par les roseaux. Mais son équipement soutint la charge et il n’en fut pas le moins du monde déstabilisé. Elle le sortit d’ailleurs de sa torpeur. Contre-attaquant alors, il abattit son marteau à maintes reprises sur les armes végétales avant que celles-ci n’aillent retrouver leur position normale en piteux état, vaincues.

De notre côté, Sylorin et moi fûmes les seuls à réagir suffisamment tôt. Si l’assassin choisit d’esquiver les piques végétales d’une pirouette adroitement réalisée, je préférai riposter. Habitué des situations de combat, je répliquai sans attendre. D’un mouvement circulaire de la main, je fis apparaître devant moi un nuage empoisonné. À son contact, les lianes furent infectées dans l’instant, cessant leur avancée. Puis, je mimai une poussée du bras et le venin se mit à grignoter les végétaux. Comme consumés par le feu, ils se rabougrirent et devinrent entièrement noirs avant de tomber en lambeaux.

Aussitôt, je reportai mon attention vers la nymphe. La haine qu’elle nous portait pour avoir pénétré en son domaine et blessé son animal de compagnie, transpirait de tout son être. Jouant de sa grâce surnaturelle, elle réitéra son offensive psychique et chercha à me déstabiliser. Néanmoins, préparé, je lui opposai une volonté d’acier qu’elle ne réussit pas à faire vaciller.

Tirant profit du fait qu’elle soit concentrée sur moi, Sylorin tenta une sortie. Il jeta deux dagues sur elle. Malgré la situation complexe, je me demandai combien de ces courtes lames le demi-elfe possédait cachées sous son armure de cuir noir. Mais cette question s’évapora brusquement tandis que ces menues armes tombaient inertes, arrêtées dans leur élan par une vague d’eau produite par la nymphe. Même s’il s’en était fallu de peu qu’elle ne soit touchée, elle avait, à mon grand étonnement, surpassé la vitesse d’exécution de l’assassin pourtant vif.

Elle contre-attaqua. Exécutant une gestuelle dont elle seule en connaissait la signification, elle commanda à l’eau de foncer dans notre direction. Une houle furieuse déborda alors du bassin. Le niveau monta en quelques secondes à peine jusqu’à nos genoux. Les remous semblaient s’agripper à nos mollets pour nous aspirer vers le fond du lac. Bien campés sur nos jambes, nous tentions de résister à la force du courant. Quand, une immense vague s’éleva plusieurs mètres au-dessus de nos têtes.

Tout à la fois impressionné par la puissance dont disposait cette frêle créature aquatique, et effrayé de constater que mes sorts ne me permettraient pas d’échapper à l’inévitable, je voulus fermer les yeux. C’est alors que je sentis la lourde poigne de Mallirk me saisir par le bras.

Soudain, le tsunami s’abattit sur nous avec une violence inouïe.

Enfermé dans une terrible onde, je me raccrochai à ce lien physique qui m’unissait au prêtre, tandis que mon esprit semblait ballotté au rythme du reflux.

Enfin, l’eau se retira et retrouva son lit et son calme. Lessivé, je constatai avec un profond étonnement que je me tenais toujours sur la margelle. Je regardai autour de moi. Mallirk venait juste de lacher mon bras et souriait, comme si nous ne venions pas de frôler la mort.

Je compris comment nous avions survécu à cette catastrophe. Pendant que le demi-elfe et moi cherchions en vain à atteindre la nymphe, le prêtre avait anticipé une manœuvre de la sorte. Il avait alors récupéré la corde qui pendait à son paquetage d’aventurier pour en attacher une extrémité à la poignée en fer de la porte d’accès à cet étage, l’autre lui enserrant la taille. Enfin, le moment venu, il avait agrippé d’une main Broc, de l’autre, mon bras. Sylorin avait lui empoigné le lien de vie au dernier moment.

Je jetai un œil à l’endroit où s’étaient tenus la nymphe et le félin marin quelques secondes plus tôt. Hélas, ils n’étaient plus là. Ils avaient profité de la distraction causée par le raz-de-marée pour retourner s’abriter au fond du bassin.

D’un claquement de langue je pestai de n’avoir pas détecté la présence féérique plus tôt. Cela m’aurait laissé une chance de lui faire goûter à mon nuage toxique. L’îlot au centre de la pièce se trouvait suffisamment rapproché pour que mon sort l’atteigne. J’aurais ainsi pu me venger de la perte de Roldo. Et certainement que, sans sa maîtresse pour lui donner des ordres, le monstre léonin aurait lâché l’affaire. Sans compter que cela nous aurait évité une douche froide.

« Faut-il tenter de les rattraper ? »

Je plongeai mon regard dégoulinant sur la surface désormais plate du bassin. Broc, soutenu par Mallirk, reprenait ses esprits. À mon côté, Sylorin attendait mes instructions, deux nouveaux poignards en mains.

« Non. Dans l’eau, nous n’aurons aucune chance face à elle. Son charme-personne et ses pouvoirs nous conduiraient à coup sûr à la noyade. Autant continuer à avancer. »

Car éliminer toute menace de ce donjon ne représentait pas ma priorité. Mon but était tout autre. En effet, ce donjon encore invaincu recelait un trésor qui pourrait faire de moi le mage le plus puissant des Royaumes ! Même Sarouine le sage ou Den-malor le fou, ne pourraient rivaliser contre moi.

Bien entendu, si nous pouvions nous débarrasser d’un maximum de ces créatures hostiles, cela nous faciliterait la tâche lorsque nous devrons quitter les lieux. À moins bien sûr d’utiliser un autre moyen pour s’extraire de là. J’avais anticipé plusieurs scénarii.

Le demi-elfe prit tout naturellement la tête de notre troupe et, sans quitter des yeux le bassin, nous longeâmes le bord jusqu’à l’escalier suivant.

« Que fait-on de lui Darken ? fit-il en atteignant la dépouille sanglante de Roldo.

— Il n’y a plus rien à faire. »

Je récupérais le matériel encore en bon état du rôdeur, puis du talon, je poussai sa carcasse dans les eaux calmes et les observai prendre une teinte rouge viciée. Enfin, nous nous élançâmes vers l’étage suivant.

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